Le picage

Ce terme désigne l'arrachage ou la destruction des plumes chez les oiseaux. Il peut s'agir d'automutilation, mais le picage peut exister aussi entre congénères ou entre la femelle et ses oisillons. Ce problème ne se rencontre que très rarement dans la nature et est plutôt lié à la détention.

Gris de Timneh piqué par sa compagne

Les causes en sont diverses et le traitement souvent frustrant, car le résultat est rarement un succès total. La prévention est la meilleure lutte contre cette habitude vicieuse, c'est à dire une détention au plus proche des conditions de vie à l'état sauvage.

Une prédisposition pour les races suivantes sont à noter : gris du Gabon, cacatoès, amazones et agapornis.

 

Etiologie

Mais examinons tout d'abord les causes possibles, que je diviserais en 2 groupes :

L'oiseau souvent élevé à la main et se retrouvant seul dans une petite cage sans occupation pendant de longues heures la journée s'ennuie.

L'impossiblité pour l'oiseau de s'enfuir de sa cage ou de se cacher lorsque son environnement devient effrayant pour lui, mais aussi, l'aggression permanente par ses congénères en cas de surpopulation, investit l'individu d'un grand stress.

L'individu qui parade sans cesse toute la journée, mais sans jamais avoir de réponse de sa partenaire (humain ou matériel), lui amène une frustration sexuelle.

Dans les troubles du comportement secondaire précités, souvent un prurit (=démangeaison) est à l'origine du picage.

Lors de malnutrition, l'oiseau mâchonne ses plumes afin de trouver des suppléments alimentaires.

Les troubles endocriniens provoquent des anomalies de la mue, ce qui irrite l'individu.

 

Les thérapies

Prévention

La meilleure méthode d'éviter ce vice est d'offrir à l'animal une détention au plus proche de sa vie à l'état sauvage. Tout d'abord, sa cage doit être spacieuse avec un maximum d'occupation. Elle devrait être placé dans une pièce calme et sans fumée ou mieux, en volière à l'extérieur pour les oiseaux acclimatés.

L'alimentation doit être adaptée à son espèce et équilibrée. Pour la plupart des psittacidés, elle se compose de graines sèches, éventuellement germées, de fruits et légumes de façon ponctuelle. Les loris et loriquets se nourrissent de nectar et de fruits.

Pour pallier au taux d'humidité plutôt bas de nos appartements, l'oiseau devrait disposé d'un abreuvoir large pour permettre la baignade ou de douche régulière à l'aide d'un pulverisateur. Les volières extérieures peuvent être montées d'arrosage automatique pour raffraichir les oiseaux en fin de journée caniculaire.

Le psittacidé a besoin du contact de ses congénères pour s'épanouir. Cependant pour un perroquet ou une perruche élevée à la main, le propriétaire prend la place du congénère. Celui-ci devra alors prendre un maximum de temps quotidiennement pour sortir et dorloter son compagnon à plume.

Dans un élevage, les oiseaux piqueurs ne devraient pas reproduire ou, éventuellement, les oeufs devraient être placés sous des parents n'aillant pas l'habitude de piquer ses jeunes.

Une observation quotidienne et rigoureuse de ses oiseaux permettra une détection précoce de problèmes éventuels de santé. En cas de doute ou de maladie, une visite chez votre vétérinaire vous aidera à élucider et traiter rapidement le problème.

 

Dr méd. vét. Christel Wicki Monnard

 

Littérature

  1. Carnet clinique sur les psittacidés, thèse de Sandrine Duchesne, 2004
  2. Krankheiten der Heimtiere, K. Gabrisch et P. Zwart, édition Schlütersche
  3. Oiseaux de cage et de volière, David Alderton, édition Larousse, 2001
  4. Perruches et perroquets d'Australie et leurs mutations, Jacqueline et Gabriel Prin, édition Prin, 1990

 

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